Enfermés, retenus, empêchés, contraints, blessés, humiliés, tristes, désespérés, amers. Ils sont souvent tout cela à la fois les hommes et les femmes qui attendent dans le centre de rétention.
Leur liberté d’aller et venir s’est restreinte, confisquée brutalement alors qu’ils étaient dans une file d’attente au guichet d’une gare, dans un bus, sur le siège passager de la voiture d’un ami, sur le quai d’une station de métro, marchant sur un trottoir du quartier où ils vivent, à la sortie de l’épicerie ou de la boulangerie de ce même quartier.
Peut-être était-ce en traversant la rue en dehors des passages protégés comme le ferait un simple français insouciant. En l’espace de quelques minutes tout a basculé : les heures, les jours, les mois et les années de galères, d’espoir.
Rangées dans les archives de la mémoire, les peines et les joies qui ont jalonnées la route depuis le pays d’origine, les rencontres, les angoisses et surtout la peur prégnante et collante du contrôle.
Avec l’arrestation et la rétention administrative, tout s’arrête et tout démarre. Rester et demeurer invisible, se transforme en comment ne pas repartir. A ce stade les choses se compliquent et s’accélèrent. Lire la suite


